Le bien-être à Okinawa

L’artisanat et la culture culinaire

Tom Roseveare   - 14분 읽은 시간

À Naha, capitale d’Okinawa, le bien-être est profondément ancré dans les pratiques quotidiennes façonnées par l’artisanat et la culture culinaire. Des traditions bien établies, telles que la distillation d’awamori, le savoir-faire artisanal et une cuisine ancrée dans le territoire reflètent les valeurs de l’équilibre, de modération et de continuité en étroite résonance avec les principes des zones bleues.

À travers ces pratiques, le bien-être ne se manifeste pas seulement dans ce que l’on consomme, mais aussi dans la transmission des savoir-faire, du temps et de l’attention qu’on leur porte. Cet article s’intéresse à la manière dont les traditions artisanales et culinaires de Naha continuent aujourd’hui de nourrir un bien-être vécu au quotidien.

Découvrez la production d’awamori près du château Shuri

Fondée en 1887, la Distillerie Zuisen produit un l’alcool local d’awamori sur son site du quartier de Sakiyama, l’une des trois zones situées à proximité du Château de Shuri autorisées à en produire depuis l’époque du royaume des Ryukyu.

Mais qu’est-ce que l’awamori? Contrairement au saké, qui est brassé, l’awamori est un alcool distillé. Il se distingue également du shōchū par son procédé de distillation unique, l’utilisation de riz thaïlandais et le recours à un kōji noir d’Okinawa spécifique pour la fermentation. Comme de nombreux éléments hérités des racines des Ryukyu, son histoire remonte aux anciennes routes commerciales reliant la région à la Chine et à la Thaïlande.

La Zuisen Distillery propose des visites toutes les 30 minutes. Celles-ci commencent par une vidéo d’introduction, suivie d’un parcours dans la distillerie pour découvrir les différentes étapes de production. Après la distillation, le processus se poursuit par la mise en contenant qui ne se limite pas aux bouteilles. Des jarres en terre cuite sont également utilisées pour stocker et faire vieillir l’awamori, permettant d’obtenir le précieux kūsu (littéralement « alcool vieilli »), dont les arômes et la rondeur se développent avec le temps. Le terme kūsu désigne un awamori vieilli pendant au moins trois ans selon la méthode shintsugi. Dans ce procédé, l’awamori prélevé pour les dégustations, ou perdu par évaporation, est progressivement remplacé par un kūsu légèrement plus jeune. Répété à travers une série de récipients d’âges successifs, ce système d’assemblage continu préserve de petites quantités d’awamori très ancien tout en maintenant profondeur et constance au fil du temps. Le meilleur endroit pour observer ce processus se trouve à côté de la boutique de distillerie, où il est également possible de déguster différentes variétés d’awamori et d’en acheter directement sur place.

Apprendre le processus de fabrication de l’awamori offre un aperçu fascinant de la culture des Ryukyu d’autrefois, tant par l’intégration d’influences venues de l’étranger que par la patience nécessaire à l’élaboration de ses cuvées les plus prisées. Sur le plan nutritionnel, l’awamori ne contient ni sucre ni glucides et reste peu calorique, ce qui en fait une alternative plus légère à d’autres types d’alcools.

À la découverte de la laque des Ryūkyū

L’art de la laque des Ryukyu est un autre artisanat où le savoir-faire manuel, la minutie et le temps jouent un rôle essentiel dans la création de ses pièces les plus emblématiques. Cette tradition remonte à plus de 500 ans, jusqu’au début de la dynastie Shō du royaume des Ryūkyū.

La boutique Kakuman Lacqueware (Kakuman Shikki), située près du Château de Shuri, possède plus de 120 ans d’histoire et est dirigée par son propriétaire Go Kadena, sixième génération de la famille. Utilisant des essences de bois légères indigènes d’Okinawa. Il s’attache à perpétuer l’héritage de la laque de Ryukyu tout en développant de nouveaux styles modernes plus adaptés à la vie quotidienne; Une démarche essentielle pour préserver cet artisanat en le faisant découvrir et apprécier par les nouvelles générations.

La laque des Ryukyu se distingue par l’usage caractéristique du vermillon et de couleurs vives, sublimées par des techniques décoratives telles que le tsuikin. Il s’agit d’une méthode qui consiste à mélanger la laque à des pigments, à les amincir puis à les découper selon des motifs précis, ensuite appliqués successivement sur la surface de l’objet afin de créer un effet tridimensionnel saisissant. Parmi les autres techniques à admirer figurent le raden, où des coquillages irisés sont polis et affinés avant d’être incrustés, ainsi que le chinkin, qui consiste à graver la laque puis à remplir les incisions de poudre d’or pour révéler des motifs d’une grande précision.

Ces procédés traditionnels permettent de réaliser des pièces remarquables, notamment jikirou, de grandes boîtes utilisées lors de repas cérémoniels, ainsi que de petits accompagnements servis comme des amuses-bouches appelés tundābun.

Il est possible d’organiser à l’avance une visite de l’atelier situé à l’étage, tandis que la boutique du rez-de-chaussée abrite également un café chaleureux offrant une vue panoramique. Vous pourrez prendre le temps de savourer une boisson ou une collation servie sur de véritables pièces de laque des Ryukyu, tout en appréciant la richesse de l’histoire et le patrimoine de cet artisanat.

La cuisine Ryukyuan à Naha

Grâce au climat subtropical d’Okinawa, il est facile d’imaginer l’abondance des récoltes de fruits et légumes tout au long de l’année. De la mangue à la papaye en passant par le melon amer (gōyā) et la patate douce violette (beni-imo), Okinawa possède une grande variété de produits emblématiques, dont certains sont difficiles à cultiver dans d’autres régions du Japon.

Parmi les plats réconfortants d’aujourd’hui, comme le gōyā champurū sauté, beaucoup mettent à l’honneur des ingrédients locaux. Cependant, c’est la cuisine traditionnelle de Ryukyu qui demeure la plus évocatrice, offrant à la fois un regard sur l’histoire d’Okinawa et de nouvelles clés de lecture du bien-être.

À Ryukyu Cuisine Mie, fondé en 1957, vous pouvez découvrir la cuisine de cour, autrefois servie lors d'événements royaux, de cérémonies et pour recevoir des émissaires étrangers, notamment en provenance de partenaires commerciaux proches tels que la Chine. Le menu se présente sous la forme d’un repas en plusieurs plats, servis un à un sur d'exceptionnelles pièces de laque. Le rafute est un incontournable, avec ses généreux morceaux de poitrine de porc mijotés lentement dans de la sauce soja, de l’awamori et du sucre, accompagné du kombumaki (poisson blanc roulé dans du kombu puis mijoté) ou encore de l’imokuzu andagī, des galettes de patate douce frites et aplaties. Chacun de ces plats raconte sa propre histoire et offre un aperçu des techniques et des saveurs d’autrefois.

Avec son intérieur chaleureux inspiré de l’histoire des Ryukyu, des rouleaux suspendus aux œuvres d’art, le lieu fait écho à un extérieur au style familier d’Okinawa, rappelant le Château de Shuri perché sur les hauteurs à quelques kilomètres à l’est.

Lors de votre prochain voyage au Japon, pensez à faire un détour par Okinawa pour explorer la région à un rythme plus posé: savourer les saveurs locales, prendre le temps de la contemplation et s’immerger dans les traditions pour apprécier votre destination de manière plus consciente.

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Tom Roseveare

Tom Roseveare @tom.roseveare

Creative Director @ Japan TravelFeel free to reach out about working in Japan or travelling here — just book a time.Liked some of my work? Feel free to buy me a coffee ☕